OpenURL est un protocole en cours de normalisation qui sert à créer des liens contextuels. Concrètement, il s'agit de lier des métadonnées (par exemple, les références bibliographiques d'un article) à la ressource elle-même (l'article en plein-texte).
Vous me direz, un protocole de métadonnées, très bien, on en a déjà qui fonctionnent parfaitement, OAI par exemple. Oui mais là, il ne s'agit pas d'un simple lien, mais d'un lien contextuel. Pour une ressource (toujours notre article) on connaît le contexte dans lequel elle est citée (la bibliographie qui la cite), décrite (les métadonnées de l’article et qui les a rédigées), utilisée (le lecteur qui la recherche et les droits dont il dispose), et la façon dont on utilise le protocole (quel résolveur, pour obtenir quel service) pour la lier à ce qu’elle décrit (l’article lui-même).
En fait, la norme OpenURL Framework se compose de trois choses
Il s'agit d'un paquet de métadonnées qui décrivent une ressource et son contexte :
Plus au niveau du protocole lui-même :
A l'origine, un ContextObject décrit une ressource bibliographique et son contexte. En réalité, on peut y mettre un peu ce qu'on veut... pourvu que les métadonnées soient dans le bon format.
Le format d'origine pour représenter les ContextObject d'appelle Key Encoded Value (KEV) Il repose sur des paires clef/valeur (par exemple : Nom=Paul).
Dans la deuxième version de la norme (OpenURL 1.0), on peut décrire les ContectObjects en XML, avec un schéma associé spécifique : le schéma XML ContextObject Format (CTX).
A cela s'ajoutent des métadonnées supplémentaires, que l'on peut soit inclure directement dans le ContextObject, soit référencer sous forme de lien (on donne alors l'adresse du schéma qu'elles suivent et l'adresse où on peut les trouver).
Les métadonnées stockées dans le ContextObject doivent suivre les formats de métadonnées autorisés, stockés dans le repository : en KEV on dispose de formats pour books / dissertation / journal / patent, et chacun de ces formats possède sa traduction en XML. En outre, pour le XML seulement, s'y ajoutent entre autres MARC21 et oai_dc .
Les métadonnées ajoutées sous forme de lien peuvent suivre n'importe quel schéma pourvu que celui-ci ait une adresse (URI) et qu'il soit dans le même langage que le ContextObject (soit KEV, soit XML, au choix).
Sur cette question, j'ai été éclairée par le JC-blog et par un papier intitulé tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur SFX sans oser le demander . Les étapes sont les suivantes :
OpenURL 0.1 a été créé sur la base d’une architecture développée par un logiciel résolveur de lien nommé SFX. C’est à partir de ce produit qu’a été développée la standardisation du protocole de liens contextuels dans le cadre d’OpenURL.
L’OpenURL 1.0. repose donc en quelque sorte sur un retour d’expérience de l’utilisation d’OpenURL 0.1. La norme ainsi élargie a été spécifiée par un document soumis à approbation par NISO de janvier à mars 2004.
Ce qu’OpenURL 1.0 apporte par rapport à 0.1 :
Il en résulte que OpenURL 1.0 est d’application potentiellement plus large que la précédente car rien ne spécifie que la ressource décrite doit obligatoirement être d’ordre bibliographique.
En conclusion, OpenURL permet à des résolveurs de liens de lier des métadonnées, pourvu qu'elles soient encodées dans un certain format, à des ressources paramétrées, en tenant compte des droits de l'utilisateur et d'autres paramètres éventuels.
L'application la plus évidente est l'interconnexion des bases de données bibliographiques avec les bases de journaux en ligne, qui se fait directement et de manière quasi transparente pour l'utilisateur, grâce à ce protocole. Mais avec la norme 1.0, cette fonctionnalité pourrait être étendue, et il y a d'autres idées à creuser : booster le catalogue, faire des passerelles avec un entrepôt OAI... que sais-je encore.
Par Manue le 4 juin 2004 dans Bibliothéconomie